Normes ouvertes pour la BIM

On a tendance à penser à tort que les normes ouvertes pour la BIM sont exclusivement reliées aux IFC (Industry Foundation Classes), une autre plateforme logicielle, ou que les IFC ne fonctionnent tout simplement pas.

En réalité, le schéma des normes ouvertes IFC est plus complet que tout autre schéma commercial. Il ne reste plus qu’à voir à ce que la plus récente version IFC4 soit mise en œuvre et homologuée dans les solutions logicielles commerciales actuelles. Bien que le schéma IFC soit encore en évolution, l’obstacle à son utilisation est généralement la mise en œuvre du produit commercial par les fournisseurs.

Or, le vent est en train de tourner et on constate enfin un virage dans la perception (par l’industrie) en faveur de l’utilité des IFC et des normes ouvertes en général. Cela importe peu que les IFC soient visibles; de fait, typiquement ils ne le seront pas. En général, il s’agit d’un format de données qui apparaît à l’arrière-plan, ou  « dans les coulisses », au même titre que les normes utilisées pour les guichets automatiques ou les téléphones cellulaires. Les IFC établissent la base de référence, les règles du jeu, la norme. C’est le format des données utilisables en aval.

Les normes ouvertes pour la BIM sont perçues comme étant le moyen d’atteindre l’interopérabilité et l’intégration des données qui sont nécessaires afin d’améliorer l’efficacité et la productivité du secteur de la construction. Selon le NIST, la condition hypothétique exige que « l’échange et la gestion de données électroniques, ainsi que l’accès, soient fluide et sans faille. Cela implique que les données doivent être saisies dans les systèmes électroniques une seule fois seulement et qu’ensuite, elles soient accessibles instantanément à tous les intervenants par le biais de réseaux de technologie de l’information, selon le besoin. [Traduction] Pour que cela se produise dans le contexte de la multitude de solutions commerciales et de formats de fichier qui existent, il faut se fier à une norme commune qui est basée sur des normes ouvertes.

Les IFC, soit un aspect de l’équation des normes ouvertes, peuvent être perçus comme toutes les autres normes, c’est-à-dire qu’ils évoluent et grandissent jusqu’à ce qu’ils atteignent leur maturité, après quoi ils sont remplacés par une nouvelle méthode ou intégrés à la méthode qui suivra. Les IFC ont encore beaucoup à proposer sur le plan des itérations futures, comme le montre le diagramme ci-dessous des stades de maturité.

IFC – Levels of Maturity

Figure 1: Stades de maturité des IFC

L’objectif ultime

La BIM en soi n’est pas l’objectif ultime. Pour pouvoir procurer une valeur importante tant à l’industrie qu’aux maîtres d’ouvrage publics, ce qu’il faut atteindre comme objectif, c’est un niveau d’interopérabilité et d’universalité qui permet de réduire les risques, d’assurer le maintien des exigences de sécurité et de prévoir un niveau fonctionnel d’évolutivité et de convivialité des données et de l’information pour répondre aux divers besoins de tous au fil du temps.

La clé du succès consistera à éliminer de façon constante les cloisons afin d’abolir le travail en vase clos et à éliminer les solutions menant à un cul-de-sac qui nuisent à la viabilité et à la fiabilité à long terme. Les normes ne sont utiles que si elles simplifient les choses et cèdent la place à des opérations automatisées et à l’exécution de tâches plus complexes sans pour autant entraîner des coûts ou des efforts complémentaires. Alors que le profil démographique de la main-d’œuvre change, nous continuons à faire face à la difficulté d’en faire plus avec moins, tout en veillant à l’ajout de valeur aux pratiques courantes.

L’objectif final en ce qui a trait aux normes, c’est d’en arriver à un état « universel », où la BIM, la technologie et la connectivité font tout simplement partie de la façon de faire. L’ensemble de normes technologiques nécessaires à l’arrière-scène pour assurer le fonctionnement d’un guichet automatique ne sont d’aucun intérêt à l’utilisateur final; la seule préoccupation pour celui-ci, c’est que le guichet automatique fonctionne. Parallèlement, la durabilité s’intègre peu à peu à tout ce que nous faisons. Quand on s’achète une auto, on s’attend à obtenir un rapport historique détaillé. Les normes pour la BIM sont les éléments clés pour que nous puissions obtenir le rapport historique dont nous avons besoin pour une transaction type.


Résultats d’un sondage rapide sur les standards ouverts BIM au Canada